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Tata-Georgette

À fleur de peau

24 Novembre 2014 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Explorations textiles

Samedi 22, nous étions reçus par Sylvie Corroler-Talairach à la Fondation Écureuil pour visiter l'exposition Émilie Faïf, plasticienne qui travaille à la jonction des arts et du design, utilise beaucoup avec le textile pour ses sculptures ou ses installations. Par le textile, Émilie Faïf passe du paysage au corps, à l'intérieur du corps même. La fibre respire - non ce n'est pas un argument publicitaire, voyez ce cœur au rythme insoutenable dans une des caves de la Fondation.

La pièce qui m'a le plus plu est la tenture de très grande dimension qui fait d'une coupe anatomique de la peau un paysage poétique en volume, en rondeur. Point de rencontre entre l'extérieur du corps - exposé au rez-de-chaussée - et l'intérieur du corps - exposé au sous-sol, la peau est l'organe du toucher et quelqu'un dans le groupe a dit qu'il est très difficile de ne pas toucher, de tâter le tissu des œuvres exposées, alors que c'est un matériau connu de tous, que nous touchons d'ailleurs constamment, puisque nous en portons tous sur nous. Propos que corrobora notre hôtesse en disant que dans les musées, les galeries d'art, il est assez facile d'interdire de toucher le marbre, les métaux, les toiles peintes, en tout cas, ceux qui le font ne sont pas surpris qu'on les rappelle à l'ordre. Mais pour le tissu, c'est beaucoup plus difficile d'interdire au public de tâter. Y compris pour les personnes qui ne sont pas des intoxiquées graves comme votre servante. Peut-être son omniprésence, la familiarité que nous entretenons avec lui, lui ôte-t-il tout caractère de rareté, de fragilité, alors que c'est un matériau extrêmement difficile à conserver, à préserver de ses multiples agresseurs, dont le contact, le frottement. Peut-être aussi le tissu est-il inconsciemment perçu comme une extension de notre propre peau ? vivant comme elle, respirant comme elle.

En tout cas c'était une visite bien accompagnée, guidée par Sylvie Corroler-Talairach qui par ailleurs donne un cycle de conférences sur l'art contemporain et qui sait si bien rendre l'érudition souriante.

Et l'exposition d'Émilie Faïf est visible jusqu'au 27 décembre.

Phote Evecab

Phote Evecab

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Quilteuse Forever 18/12/2014 10:25

Il faut absolument que je me dépêche d'y aller !