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Tata-Georgette

Tissus d'ameublement, au XVIIe siècle, à Toulouse

8 Décembre 2014 , Rédigé par Tata Georgette

Comment décorait-on son logis, à Toulouse, au XVIIe siècle ? Quels étaient les goûts de nos ancêtres toulousains ? sur quels critères choisissaient-ils leurs tissus d'ameublement ? quelles étaient les matières employées ? qui étaient leurs fournisseurs ? y-avait-il des modes ?

À toutes ces questions, et à bien d'autres, Véronique Castagné a répondu lors de la conférence qu'elle donnait le 8 novembre au Musée Paul-Dupuy. Pour pallier le manque de sources iconographiques locales, Véronique Castagné a largement illustré son propos avec des images issues des collections du Albert and Victoria Museum de Londres qui a rassemblé d'immenses collections de textiles européens, et français en particulier.

Tout d'abord, Véronique Castagné attire notre attention sur le fait qu'on utilisait beaucoup de textiles dans l'aménagement des intérieurs. Pour se protéger du froid en premier lieu, pour décorer ensuite, puis comme signe ostentatoire de richesse, si on avait les moyens d'employer des textiles de grand prix.

Au XVIIe siècle, l'industrie textile fut très sérieusement redynamisée déjà sous Henri IV, puis sous les règnes suivants qui créèrent de nombreuses manufactures de toutes sortes : filatures, tissages, production de tapis, de tapisseries, etc. On trouvait donc plus facilement de quoi orner et protéger son intérieur chez les négociants toulousains qui s'employaient à suivre la mode en important des autres régions du royaume. En effet, la région toulousaine n'était pas une grande région textile, on y produisait de la matière première qui était transformée ailleurs et on y réalisait les opérations finales (broderie, montage).

En tout cas, peu de ces textiles nous sont parvenus mais les actes notariés rédigés à l'occasion des décès, des mariages, constituent une source d'information très fiable à propos de ces textiles qui pouvaient aussi servir de gage contre un prêt. Ces actes notariés renseignent très précisément sur le nombre, la valeur, l'état des éléments textiles. qui étaient comptés aussi précisément que les meubles, les bijoux, la vaisselle. Il y avait pourtant une très grande variété d'étoffes utilisées, qu'il s'agisse de tapisserie de haute ou de basse lisse, de tentures tissées pour les rideaux de lits, de tapisserie sur canevas pour les sièges, ou encore de bergame, une étoffe faite de crin, de laine ou de tout ce qu'on trouvait pour recouvrir les murs chez les Toulousains plus modestes, ou encore de tapis noué turc, chez les plus aisés, tapis que l'on ne mettait pas au sol comme on le fait aujourd'hui mais que l'on utilisait comme décor de table ou de coffre. Le décor textile n'était pas immuable puisqu'au retour de la belle saison, les tentures murales étaient décrochées des murs et battues pour les dépoussiérer ; ensuite on les entreposait dans une garde-robe pour les remettre en place à l'automne.

Ce que nous laissent entrevoir les actes notariés et les sources trouvées par ailleurs, c'est que le goût dominant était à la bigarrure, à l'accumulation des couleurs, des motifs, des textures, à la juxtaposition de pièces très différentes. Donc, rien de zen dans tout cela.

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