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Tata-Georgette

Sari sur Garonne

5 Juin 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Explorations textiles, #Billet du jour

En 1970, Hiroko Iwatate, jeune Japonaise créatrice de tissus, découvre les villages reculés du Gujarat et du Rajasthan en Inde, difficilement accessibles par des pistes chaotiques, au milieu de véritables mers de sable.

Depuis cette époque, elle a constitué une remarquable collection. Son intérêt pour les tissus indiens, dont les sarasa, est parti d'un turban teint à la réserve qu'elle a pu photographier au Musée de Jaipur lors de son premier voyage - elle est retournée en Inde plus de soixante dix fois en plus de quarante ans... Mais revenons au sarasa : sur la toile de coton, des petits motifs sont imprimés au pochoir à partir de teintes végétales dans des couleurs douces. Chaque petit motif de sarasa a un nom spécifique, souvent fort ancien, tout comme le motif qu'il désigne.

Puis en partant de Jaipur, Hiroko Iwatate est partie à la découverte des villages alentours, Bagru, Kishangah, Jairanspur, Akora et Karadera, sous la conduite d'un chauffeur de taxi, M. Tak qui connaissait toute la région et les traditions vestimentaires de ses habitants… puis plus loin encore. Dans toutes ces contrées où le port du sari se maintient et où la tradition se perpétue. Dans tous ces villages où les femmes portent des kanjari, blouses brodées de fils rouges et de petits miroirs qui scintillent, des ghanghro, jupes de shibori richement plissées, des odhna, voiles de shibori, et des accessoires en argent ou en métal, on dirait qu’elles portent leurs habits du dimanche.

Hiroko Iwatate connait tous les musées indiens consacrés au textile,  comme à Ahmedabad, vieille ville, qui, outre le Musée Calico connu de maints amateurs d'art textile du monde entier,  compte de nombreuses boutiques de tissu contemporain ainsi que des boutiques de textiles brodés anciens. De rencontre en rencontre, c'est toute une filière et ses nombreux participants que Hiroko Iwatate a rencontrés : des commerçants bien sûr, des teinturiers dans les villages de teinturiers, le plus souvent installés le long de la rivière dont ils couvrent les rivages à perte de vue de tissus mouillés de toutes les couleurs  après le passage dans des cuves de teinture dont certaines remplies de teinture d’arizarine, alors que dans d’autres sont teints les tissus avec le turmeric jaune. Tout cela depuis plusieurs siècles.

Son horizon textile s'est également élargi au Cachemire, à l'Himachal Pradesh où les paysans portent des tissus de laine qu'ils filent et tissent pendant la saison hivernale. Puis elle a cherché des ikats dans l'est de l'Orissa Mais Hiroko Iwatate s'est intéressée à d'autres textiles, comme par exemple aux sangles de chameaux, aux tapis kilim, et aux nombreux autres tissus indiens.

Tant et si bien que le troisième étage de sa maison de Tokya est devenu la galerie d'art textile «Khadi Iwatate» où elle expose des tissus indiens et contemporains, teints et tissés à la main. Puis cette galerie est devenue le «Iwatate Folk Textile Museum». Si dans les années 90, en raison du développement intense de l'Inde, on avait pu craindre la disparition de cette belle tradition textile, en tout cas son appauvrissement et sa folklorisation, des jeunes designers ont pris le relais et travaillent à perpétuer et renouveler cette tradition artisanale millénaire.

La présente exposition a été mise en place par Shukuko Voss (commissaire d'exposition) et présente des pièces de cette collection privée et des photos du Iwatate Folk Textile Museum de Tokyo.

Quand : du 8 juin au 9 novembre 2018

Où : Espace Asia - 5, rue Croix Baragnon - 31000 Toulouse - tel 05 61 14 51 50

 

 

Vos prochains rendez-vous sur l’agenda...

Sari sur Garonne

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