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Tata-Georgette

L'ébéniste du XIVe siècle

19 Novembre 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Ça n'a rien à voir quoique..., #Billet du jour

Comment étaient habillés les ébénistes du XIVe siècle ? voilà bien une question intéressante posée par un confrère blogueur, ébéniste de son état, dont je suis le blog fort intéressant depuis déjà pas mal de temps car Christian Séguié y parle avec passion et compétence de son atelier, du bois et de ce qu'il en fait. On semble être assez loin du textile mais on n’est jamais très loin du textile, puisque le textile est toujours tout près de nous ; de plus, bois et textiles se rencontrent souvent, notamment par le maniement des divers instruments que nous utilisons pour nos travaux d'aiguille (œuf à repriser, dés, poinçons, boutons, etc....) comme en témoignent les récents billets de Christian à partir de la recherche d’un instrument en bois qui lui parut bizarre...(1)

Pour revenir aux vêtements des ébénistes médiévaux, c’est l’immense problème des textiles anciens disponibles. Toujours difficiles à conserver, et d’ailleurs souvent détruits par leur utilisateurs mêmes, en raison de l’usure, ou par les mites sans compter les changements de mode.

Donc, pour les vêtements des «gens de métiers» comme on disait alors, et pas seulement pour les ébénistes, on ne dispose nulle part d’un vêtement de cette époque qui nous serait parvenu. Nada, rien... seuls les costumes aristocratiques ont plus ou moins survécu au temps, et encore, très peu d'aussi anciens, et pour les époques ultérieures en fort petit nombre. Tout d’abord parce qu’en France, comme partout ailleurs, on recyclait constamment. Un pourpoint d’homme «de qualité» comme on disait, pouvait être retaillé pour un enfant ou revendu à un fripier qui le débitait assez souvent, en décousant les galons et autres parties ornementales, les cols, les manches, pour les vendre à part, et le vêtement allait ensuite faire le bonheur d’un homme du peuple, ébéniste ou pas. Les chausses, chemises et autres vêtements, finissaient après moult reprisages par être donnés aux pauvres, aux domestiques ou servir de rembourrage, de chiffons...

Et puis, la notion de vêtement de travail est assez récente, en gros depuis le courant du XIXe siècle. Les premiers à avoir eu un vêtement spécifique dès l'époque médiévale ont été les militaires, les ecclésiastiques, et encore était-ce un vêtement qui témoignait plutôt de leur état. Sinon, on ne faisait pas vraiment de différence entre vêtement de travail et vêtement ordinaire, d'autant que les garde-robe comptaient très peu de pièces.

Bon c’est bien beau, tout ça, s’impatiente Christian, mais mon ébéniste du XIVe, il n’allait tout de même pas tout nu ? non, rassurez-vous. Même s’il n’avait pas de sous-vêtement, qui sont apparus quasiment deux siècles plus tard et ne se sont généralisés que fin XVIIIe-courant XIXe.

Il y a quelques images, sur les vitraux, sur les enluminures... (pas de pinterest ni d’instagram) mais on y représente plus volontiers les paysans, et le seul homme du bois y est souvent Saint-Joseph, ou les ouvriers qui ont construit les cathédrales.

D’après ces images du XIVe, les vêtements du peuple étaient assez monochromes, les coupes assez rudimentaires, par exemple les manches étaient souvent attachées par des brides pour pouvoir être retirées lorsqu’il faisait chaud, ou lors d’efforts physiques. Une autre source historique est également constituée par des actes notariés, lors des successions ou des contrats divers. Par exemple, certains contrats d'apprentissage stipulent que le maitre d'apprentissage a le devoir d'habiller son apprenti en lui fournissant tel ou tel vêtement . Et dans ces documents notariés, surtout urbains, on peut avoir des descriptions très détaillées, mais détaillées selon les critères de l'époque, donc pas toujours compréhensibles pour nous.

Les fibres utilisées étaient le chanvre, la laine, le lin, disponibles partout en Europe, peu de coton qui était encore une fibre exotique et coûteuse. Pas de soie non plus bien sûr, beaucoup trop luxueuse et trop fragile, donc réservée à une haute aristocratie. Pour ce qui est de la sécurité, à part le tablier de cuir des forgerons,  le chapeau renforcé des mineurs, l'armure des militaires, il n’y avait pas grand chose. Pas de chaussures de sécurité non plus. Mais des gantelets qui protégeaient la main, pour les métiers du feu, pour les militaires, mais à ma connaissance par pour les métiers du bois.

Avec tout ça, je n’ai pas toujours pas répondu à la question de Christian. Depuis des années les associations de reconstitution historique s’efforcent d'y répondre en s'appuyant sur les recherches en archéologie expérimentale  menées par des chercheurs et universitaires afin de comprendre en quoi consistait le costume des gens  du peuple, des ouvriers, et plus largement les textiles anciens.

Voilà ! si vous avez d'autres éléments de réponse à apporter à Christian, vous pourrez également en profiter pour parcourir son blog. C'est le blog d'un passionné, toujours émerveillé par son métier et qui sait partager cet émerveillement.

1) cet instrument est un petit métier à broder.

En illustration, j'ai joint la vidéo qui présente la construction du château de Guédelon dont les animateurs ont à cœur de reconstituer les outils et procédés de l'époque médiévale. Et qui portent des vêtements reconstitués d'après les éléments présentés dans ce billet, mais avec les éléments de sécurité actuels...

Vos prochains rendez-vous textiles à Toulouse et dans la région ..

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Séguié christian 20/11/2019 07:56

Merci pour ton message et ton article ici. Entre les deux beaucoup de liens sont là, car les dessins en broderie sont très proche des dessins possible à faire en bois. Et si je me suis régalé à mettre ces articles c'est bien pour apprendre des dessins.