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Tata-Georgette

Articles avec #citations textiles tag

Ourlet

27 Mai 2017 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Il y avait une douzaine de très belles nappes dans un placard, au fond du couloir, et l’une d’elles servit de linceul [...]. Alice se porta volontaire pour le coudre mais fondit en larmes – ses nerfs, ou ses talents de couturière, s’avérant ne pas être à la hauteur de la tâche. Tom prit le relais, tendant bien te tissu, doublant l’ourlet, le cousant à gestes rapides, presque professionnels. Clay avait l’impression de voir un boxeur entrainer sa main droite contre un punching-ball invisible.»*

Je ne sais pas si on coud encore les linceuls, mais ce qui est sûr, c'est que l'ourlet, souvent présenté comme le b-a-ba de la couture demande une certaine dextérité. La précision «doublant l'ourlet» m'intrigue : s'agirait-il d'une couture anglaise ? auquel cas, Stephen King, en plus d'être le maître du suspens, serait également un pro de la couture ?

En tout cas, vous pouvez aussi réserver votre place dans un des ateliers de Tata Georgette par sms, via votre téléphone portable, tant qu'il fonctionne encore normalement...

*Extrait de «Cellulaire» de Stephen King publié chez Albin Michel en 2006

Ourlet
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26 Avril 2017 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Le négoce du fret ne suffisait plus, à lui seul, à écouler les laines castillanes pour un prix rémunérateur. [...] Cipriano Salcedo eut un jour l'idée soudaine d'ennoblir un vêtement aussi populaire et aussi modeste que la pelisse. Une vareuse bonne pour la garde des moutons [...] pouvait être transformée, moyennant trois brèves retouches, en habit pour les classes plus aisées. Le succès, comme il est de règle dans le monde de la mode, dépendait de l'inspiration, du coup de génie : dans le cas présent, il suffisait de rompre l'aspect uniforme du dos et des fonds de manches par d'audacieux empiècements. [...] un vêtement protecteur réservé aux paysans acquérait un charme urbain indéfinissable qui allait aux dames et aux messieurs.»

Cette «customisation» est plutôt étrange car, au XVIe siècle, les modes «descendaient» les classes sociales : de l'aristocratie, un type de vêtement, d'arrangement du vêtement ou d'accessoire de mode était ensuite imité par les bourgeois puis par les gens de métiers, puis pour finir par le tout venant. À ce moment-là, il était définitivement démodé. Ainsi de la fraise : quand les cordonniers se sont mis à porter la fraise, il y a belle lurette que la mode en était passée dans l'aristocratie qui était passée à autre chose. Et pour autant que je sache, un vêtement de travail du petit peuple (équivalent du blue jean) ne pouvait pas prétendre habiller les citadins quelque peu aisés.  Mais peut-être y eut-il quelques exceptions dont cette pelisse, à moins que ce ne soit une invention romanesque.

Quoiqu'il en soit, le négoce de la laine tient une bonne place dans «L'Hérétique»  de Miguel Delibes,  bien que ce ne soit pas le sujet principal de ce roman largement inspiré des faits historiques relatifs à l'éradication de la Réforme dans l'Espagne du milieu du XVIe qui fut aussi un temps de controverses et de doutes.

Delibes Miguel - L'Hérétique - roman historique traduit de l'espagnol - Verdier, 2000.
Dans toutes les bonnes bibliothèques, librairies, etc.

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Uniforme professionnel

27 Janvier 2017 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

Dans l'hôtellerie et la restauration, l'uniforme de service doit être un vêtement pratique, adapté à la fonction de la personne qui le porte, solide pour résister à un usage quotidien. Il doit refléter l'image que l'entreprise souhaite donner auprès de ses clients, être facile à identifier par ceux-ci, suivre les tendances de la mode et rester élégant en toutes circonstances. Bref, pas facile à choisir... à défaut d'uniforme, un dress-code précise à chacun quelle tenue adopter pour exercer ses fonctions.

«Le matin de son deuxième jour de travail, Ernest avait emmené Jacob à l’atelier de couture installé dans l’ancien Hôtel des Bains qui avait cessé son activité au début du siècle. Cette dépendance assez délabrée était située à deux cents mètres de l’hôtel et n’en était pas visible. C’était là que vivaient les saisonniers, qu’était aménagée la lingerie, que se trouvait la garde-robe où étaient entreposées toutes sortes de vêtements qui, éternellement, défaits, retouchés et recousus, avaient servi de tenue de  travail à des générations de serveurs et de femmes de chambre et continueraient de le faire.. Tandis que ces derniers se succédaient à un rythme rapide, les tabliers, blouses et chemises sur leur étagère et les pantalons et vestes pendus à leurs cintres attendaient avec flegme d’être réanimés par de nouveaux corps jeunes et agiles qui allaient, pour un temps plus ou moins long, leur redonner à nouveau cher et vie.»

Extrait de «Un garçon parfait» d’Alain Claude Sulzer,
édité par Jacqueline Chambon en 2008.

 

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Panne...

22 Octobre 2016 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

Imaginez : la machine à laver vous lâche ; aussitôt des cauchemars vous assaillent...

«... comme la laveuse se lamentait, craignant de ne pouvoir mettre couler le jour même, elle voulut bien lui donner le linge sale tout de suite. Elles allèrent chercher les paquets dans la pièce de gauche où couchait Étienne, et revinrent avec des brassées énormes, qu'elles empilèrent sur le carreau, au fond de la boutique. Le triage dura une grosse demi-heure. Gervaise faisait des tas autour d'elle, jetait ensemble les chemises d'homme, les chemises de femme, les mouchoirs, les chaussettes, les torchons. Quand une pièce d'un nouveau client lui passait entre les mains, elle la marquait d'une croix au fil rouge pour la reconnaître. Dans l'air chaud, une puanteur fade montait de tout ce linge sale remué.»

[...]

Gervaise, qui voulait se débarrasser de madame Bijard, appela Clémence, lui fit compter le linge pendant qu'elle l'inscrivait. Alors, à chaque pièce, cette grande vaurienne lâcha un mot cru, une saleté; elle étalait les misères des clients, les aventures des alcôves, elle avait des plaisanteries d'atelier sur tous les trous et toutes les taches qui lui passaient par les mains. Augustine faisait celle qui ne comprend pas, ouvrait de grandes oreilles de petite fille vicieuse. Madame Putois pinçait les lèvres, trouvait ça bête, de dire ces choses devant Coupeau; un homme n'a pas besoin de voir le linge; c'est un de ces déballages qu'on évite chez les gens comme il faut. Quant à Gervaise, sérieuse, à son affaire, elle semblait ne pas entendre. Tout en écrivant, elle suivait les pièces d'un regard attentif, pour les reconnaître au passage; et elle ne se trompait jamais, elle mettait un nom sur chacune, au flair, à la couleur. Ces serviettes-là appartenaient aux Goujet; ça sautait aux yeux, elles n'avaient pas servi à essuyer le cul des poêlons. Voilà une taie d'oreiller qui venait certainement des Boche, à cause de la pommade dont madame Boche emplâtrait tout son linge. Il n'y avait pas besoin non plus de mettre son nez sur les gilets de flanelle de M. Madinier, pour savoir qu'ils étaient à lui; il teignait la laine, cet homme, tant il avait la peau grasse. Et elle savait d'autres particularités, les secrets de la propreté de chacun, les dessous des voisines qui traversaient la rue en jupes de soie, le nombre de bas, de mouchoirs, de chemises qu'on salissait par semaine, la façon dont les gens déchiraient certaines pièces, toujours au même endroit. Aussi était-elle pleine d'anecdotes. Les chemises de mademoiselle Remanjou, par exemple, fournissaient des commentaires interminables; elles s'usaient par le haut, la vieille fille devait avoir les os des épaules pointus; et jamais elles n'étaient sales, les eût-elle portées quinze jours, ce qui prouvait qu'à cet âge-là on est quasiment comme un morceau de bois, dont on serait bien en peine de tirer une larme de quelque chose. Dans la boutique, à chaque triage, on déshabillait ainsi tout le quartier de la Goutte-d'Or.»

 

Pourquoi fallait-il relire L'Assomoir de Zola, précisément à ce moment-là ?

 

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Bas-fonds

23 Août 2016 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Les habits de mariage avaient été commandés à deux soeurs, tailleuses du hameau de Chikâlovo, qui étaient de la secte des flagellants. Elles vinrent à plusieurs reprises essayer, demeurant chaque fois longtemps à boire du thé. Elles firent à Varvâra une robe cannelle, ornée de dentelles noires et de jais, et à Akssînia une robe vert clair, avec un devant jaune et une traîne. Lorsqu’elles eurent fini, Tsyboûkine ne les paya pas en argent, mais en marchandises de sa boutique. Elles partirent chagrines, tenant sous le bras des paquets de bougie et des boîtes de sardines, dont elles n’avaient que faire. Sorties d’Oukléevo, et arrivées dans les champs, elles s’assirent sur une motte et se mirent à pleurer.

Anîssime revint trois jours avant la noce, tout habillé de neuf. Il avait des caoutchoucs luisants, une cordelière à boules en guise de cravate, et sur les épaules un pardessus jeté sans que les manches fussent passées.»

Extrait de  «Dans le bas-fonds» d'Anton Tchekhov

 

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Rappel des consignes...

27 Juin 2016 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

En ces temps de soldes, il est bon de réfléchir à quelques consignes doctement élaborées par Honoré de Balzac dans son «Traité de la vie élégante». En voilà un qui aurait fait un excellent blogueur !

[...] L'élégance veut impérieusement que les moyens soient appropriés au but.
De ce principe dérivent deux autres aphorismes qui en sont la conséquence immédiate.
L'homme de goût doit toujours savoir réduire le besoin au simple.
Il faut que chaque chose paraisse ce qu'elle est.
La prodigalité des ornements nui
t à l'effet.

[...] L'incurie de la toilette est un suicide moral.

[...] La brute se couvre, le riche ou le sot se parent, l'homme élégant s'habille.

C'était en 1830, mais c'est toujours d'actualité. Bonnes soldes !

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Vêtements

21 Mars 2016 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Vêtements

Tu enlèves, nous enlevons, vous enlevez
manteaux, jaquettes, vestes, chemisiers
en laine, coton, acrylique,
jupes, pantalons, chaussettes, chemisettes,
posant, suspendant, accrochant aux
dossiers des chaises, panneaux des paravents,
pour l'instant, dit le médecin, ce n'est pas grave,
rhabillez-vous, reposez-vous, partez,
prendre au cas où, le soir, après le repas,
revenez dans trois mois, un an, un an et demi,
tu vois, et tu croyais, en nous on avait peur,
et vous imaginiez, et il soupçonnait déjà,
il est temps de nouer, boutonner les mains tremblantes,
lacets, boutons, zips, boucles et agrafes,
ceintures, fermoirs, cols et cravates,
et tirer des manches, des sacs, des poches,
froissée, à pois, à rayures, à fleurs, à carreaux,
l'écharpe, dont l'utilité vient d'être prolongée.
»

Poème de Wisława Szymborska

On préférerait n'alléger sa vêture que pour l'arrivée du printemps, avec ses premiers rayons de soleil qui réchauffent les rives de la Garonne... mais parfois, c'est pour répondre à d'angoissantes questions. Tous mes vœux de rétablissement à X. qui a appris une mauvaise nouvelle, récemment.

Comme souvent dans son œuvre, la poétesse polonaise Wisława Szymborska sait admirablement rendre insolites et pesantes les situations les plus banales, car leur banalité masque parfois de grandes inquiétudes. Une partie seulement de l'œuvre de Wisława Szymborska (Prix Nobel de littérature en 1996) a été traduite en français, bien qu'elle fut elle-même fut une grande traductrice du français vers le polonais.

On trouve actuellement en librairie :
- Je ne sais quelles gens (1997)11 incluant le discours prononcé devant l'Académie Nobel et des extraits de Sel (Sól) - 1962,
- L'Appel au Yeti (Wołanie do Yeti) - 1957,
- Cent blagues (Sto pociech) - 1967,
- Le Cas où (Wszelki wypadek) - 1972,
- Un Grand Nombre (Wielka liczba) - 1976,
- Les Gens sur le pont (Ludzie na moście) - 1986,
- La Fin et le Commencement (Koniec i początek) - 1993,
- Vue avec un grain de sable (Widok z ziarnkiem piasku) - 1996.

Bonne lecture !

 

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Diabolo menthe

16 Mars 2016 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Je me suis installé à la terrasse du Roi du café. J'ai commandé un diabolo menthe. Le serveur a eu un sourire dont je n'ai compris le sens que lorsqu'il eut déposé la boisson sur la table : elle avait la même couleur que mon costume.»

Il est beaucoup question de ce costume vert dans le roman d'Alain Mabanckou, écrivain franco-congolais «Tais-toi et meurs» dont le personnage principal est un sapeur qui pratique assidûment les règles et codes de la Société des ambianceurs et personnes élégantes de la diaspora congolaise à Paris.

Les sapeurs portent traditionnellement trois couleurs mais une nouvelle tendance émerge à Paris, l'association de quatre couleurs, puisque nous vivons dans un pays qui compte quatre saisons, ce qui ne manquera pas de créer une nouvelle sission dans le mouvement de la sape que de nombreux pratiquants considèrent comme un art à part entière.

Alain Mabanckou enseigne la littérature francophone à l'Université de Los Angeles et il vient d'être nommé professeur au Collège de France. Y-arrivera-t-il sapé pour sa leçon inaugurale à la chaire de création artistique, le 17 mars - dont le sujet sera  De la littérature coloniale à la littérature «négro-africaine» ?

Mabanckou Alain - Tais-toi et meurs - Éditions La Branche, 2012

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Éloge du raccommodage...

27 Février 2016 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

Superbes monuments de l'orgueil des humains,
Pyramides, tombeaux dont la vaine structure
A témoigné que l'art, par l'adresse des mains
Et l'assidu travail, peut vaincre la natur
e ;

Vieux palais ruinés, chef-d'œuvre des Romains
Et les derniers efforts de leur architecture,
Colisée, où souvent ces peuples inhumains
De s'entr'assassiner se donnaient tablatur
e ;

Par l'injure des ans vous êtes abolis,
Ou du moins, la plupart, vous êtes démolis ;
Il n'est point de ciment que le temps ne dissoud
e.

Si vos marbres si durs ont senti son pouvoir,
Dois-je trouver mauvais qu'un méchant pourpoint noir,
Qui m'a duré deux ans, soit percé par le coud
e.

Ce sonnet est de Paul Scarron, auteur burlesque du XVIIe siècle, époque où l'on reprisait et rapiéçait tant et tant qu'il valait mieux en faire des rimes plutôt que s'en plaindre.

Mais pour combler les accrocs causés par l'usure comme dans le cas du pourpoint de Scarron, par les déchirures, les brûlures et autres avanies, il y a trois techniques possibles. Évidemment, dans tous les cas, autant faire que ce soit présentable, voire décoratif, soit que l'on cherche à masquer la réparation soit que l'on cherche à la mettre en évidence.

Repriser : combler le trou avec du fil et une aiguille, avec des points simples ou plus proches de la broderie, même si en général on cherche la consolidation du vêtement plutôt que la décoration.

Stopper : combler le trou en imitant avec du fil et une aiguille l'étoffe de base. Cette technique très difficile, qui permet de faire des reprises invisibles se pratique surtout sur les lainages carreautés de prix ; il s'agit plutôt d'une affaire de professionnels, et même des meilleurs.

Rapiécer : ajouter une étoffe qui vient combler le trou, que cette étoffe soit identique à celle du vêtement ou différente. Cette dernière technique est très utile sur les vêtements d'enfants. Il y a même des pièces toutes faites en cuir ou simili que l'on trouve dans toutes les merceries - des «genouillettes» comme me disait naguère un expert de six ans en genoux percés...

Pourquoi ce billet ? parce qu'il pleut, parce qu'une pile de reprises et réparations m'attend et qu'en musardant autour, dans l'espoir que l'ouvrage se fasse tout seul...  j'ai trouvé ce bon vieux Scarron dans ma bibliothèque. Maintenant, au boulot !

1 repriser - 2 rapiécer - sources inconnues
1 repriser - 2 rapiécer - sources inconnues

1 repriser - 2 rapiécer - sources inconnues

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Habits neufs

3 Décembre 2015 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Simplicie allait riposter, quand la porte s'ouvrit, et M. Gargilier entrat avec un tailleur qui apportait à Innocent des habits neufs et un uniforme de pensionnaire. Il fallait les essayer ; ils allaient parfaitement... pour la campagne ; dans la prévision qu'il grandirait et grossirait, M. Gargilier avait commandé la tunique très longue, très large ; les manches couvraient le bout des doigts, les pans de la tunique couvraient les chevilles ; on passait le poing entre le gilet et la tunique boutonnés. Le pantalon battait les talons et flottait comme une jupe autour de chaque jambe ; Innocent se trouvait superbe. Simplicie était ravie, M. Gargilier était satisfait, le tailleur était fier d'avoir si bien réussi. Tous les habits étaient confectionnés avec la même prévoyance et permettaient à Innocent de grandir d'un demi-mètre et d'engraisser de cent livres.

Simplicie fut appelée à son tour pour essayer les robes que sa bonne lui avait faites avec d'anciennes robes de grande toilette de Mme Gargilier ; l'une était en soie brochée grenat et orange ; l'autre en popeline à carreaux verts, bleus, roses, violets et jaunes ; les couleurs de l'arc-en-ciel y étaient fidèlement rappelées ; deux autres, moins belles, devaient servir pour les matinées habillées ; l'une en satin marron et l'autre en velours de coton bleu ; le tout était un peu passé, un peu éraillé, mais elles avaient produit un grand effet dans leur temps, et Simplicie, accoutumée à les regarder avec admiration, se trouva heureuse et fière du sacrifice que lui en faisait sa mère ; dans sa joie, elle oublia de la remercier et courut se montrer à son frère, qui ne pouvait se décider à quitter son uniforme.»

Même si on n'est pas spécialiste du costume du XIXe siècle, on ne peut que sourire du ridicule de ces accoutrements qui étaient soit trop grands et mal cousus, soit inappropriés pour une fillette. Si vous voulez savoir quel sort attend ces deux enfants ainsi fagotés, retrouvez-les dans «Les Deux nigauds» de ma chère Comtesse de Ségur (née Rostopchine), qui m'agace et m'amuse à la fois.

Dans les musées on trouve assez peu de vêtements pour enfants car ils étaient souvent faits dans d'anciens vêtements pour adultes, donc déjà un peu usés, puis on les passait successivement à tous les membres d'une fratrie, et en général, il n'en restait plus grand chose après une vie si mouvementée. Les seules pièces qu'on ait en nombre relativement important, ce sont les vêtements de bébé, en particulier les robes de baptême qui n'étaient portées qu'une seule journée par chaque enfant, les vêtements de cérémonie. Mais quasiment pas d'uniforme de pensionnaires, de vêtements d'enfants du peuple.

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Garde-robe grecque

21 Novembre 2015 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«Toutes les quatre sont vêtues simplement, de vêtements bon marché. Trois d'entre elles portent des gilets noirs en laine : dehors il bruine et il fait froid. La quatrième a mis une robe à fleurs à l'ancienne mode. Les deux femmes de la première pièce ont des bas épais et des chaussures noires à talons plats. Les deux autres, en bonnes ménagères, ont laissé leurs chaussons à côté du lit avant de s'allonger.»

On rencontre ces quatre femmes au début du polar «Le justicier d'Athènes» de Petros Markaris qui était invité à Toulouse en octobre dernier par Polar du sud. Bizarrement, Markaris ne décrit aussi précisément que les vêtements des victimes dans son roman ; les autres personnages n'ont droit à une brève annotation vestimentaire que s'ils sont journalistes et il ne nous donne aucune indication vestimentaire pour les autres personnages. Il n'en demeure pas moins que par l'entremise de ses personnages, dont Kostas Charitos, une sorte de Maigret grec, Markaris fait voir très concrètement la vie quotidienne des Grecs dans la crise.

On trouve les romans de Markaris dans toutes les bonnes librairies toulousaines, en particulier à la Librairie Série B qui a fêté très récemment son troisième anniversaire. Elle est située rue Sainte-Ursule devant la mercerie Arrow Workshop, tout près aussi de Fifi-Jolipois, bref, en terrain connu...

Garde-robe grecque
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Trente-deux francs pour habiller une petite mendiante !...

28 Août 2015 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

«À la fin du bain, l’enfant en avait assez et témoigna une vive satisfaction quand ses quatre protectrices la firent sortir de la baignoire ; elles la frottèrent, pour l’essuyer, jusqu’à lui faire rougir la peau, et ce ne fut qu’après l’avoir séchée comme un jambon, qu’elles lui mirent une chemise, un jupon et une robe de Thérèse. Tout cela allait assez bien, parce que Thérèse portait ses robes très courtes, comme le font toutes les petites filles élégantes, et que la petite mendiante devait avoir ses jupons tombant sur les chevilles : la taille était bien un peu longue, mais on n’y regarda pas de si près ; tout le monde était content.»

Puis plus loin :

« MADELEINE. – Nous venons acheter de quoi habiller cette petite fille, madame Juivet.

MADAME JUIVET. – Volontiers, mesdemoiselles. Vous faut-il une robe, ou une jupe, ou du linge ?

CAMILLE. – Il nous faut tout, madame Juivet ; donnez-moi de quoi lui faire trois chemises un jupon, une robe, un tablier, un fichu, deux bonnets.»

Puis pour finir cet épisode d’habillage d’une petite mendiante :

«Trente-deux francs pour habiller une petite mendiante !... Madame Juivet, ajouta-t-elle [la grand-mère des petites filles] d’un ton sévère, vous avez abusé de l’ignorance de mes petites-filles ; vous savez très bien que les étoffes que vous apportez sont beaucoup trop belles et trop chères pour habiller une enfant pauvre ; remportez tout cela, et sachez qu’à l’avenir aucun de nous n’achètera rien chez vous.»

Au cas où cela vous aurait échappé, la comtesse de Ségur a des idées très précises sur la façon dont doit être habillée une petite mendiante à laquelle on fait l’aumône ainsi qu'en témoignent ces extraits des «Mémoires d'un âne». D'une manière générale, ses textes, outre des recommandations morales de cet ordre, sont très précis sur la garde-robe enfantine du XIXe siécle.

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Noir sur blanc

26 Juillet 2015 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Citations textiles

Texte, du latin «texere» tisser, désigne l'ensemble des termes constituant un écrit, comme me l'indique mon bon vieux Larousse.

Textile, du latin «textilis» tissé, désigne la fabrication des étoffes, toujours selon Larousse.

Cette parenté des deux termes a inspiré à Dominique Miraille, fondateur et animateur du Musée de la Mode d'Albi, l'exposition qu'il propose cette année. Il sort des réserves, dont les collections couvrent la mode du XVIIIe siècle jusqu'aux années 1970, des vêtements tels qu'ils ont été décrits par Balzac, Apollinaire, Flaubert, Maupassant, Colette et bien d'autres. Toutes les pièces du costume y passent, des gilets d'hommes, robes, bas, etc.

Rien du vêtement n'échappe aux écrivains, dont certains sont eux-mêmes des dandys tel Baudelaire. Le textile en plus d'être étroitement lié à la langue, de par ses origines mêmes, est une partie constituante des personnages qui peuplent la littérature. Il est en effet difficile de décrire un personnage sans accorder attention au vêtement qui contribue à en éclairer le caractère, la situation sociale, l'action à laquelle il se trouve mêlé, à préciser une ambiance, à éclairer aussi  les goûts de l'écrivain.

«Attirer l’attention sur la silhouette sans que le regard soit distrait, donner envie de lire, de relire, mais aussi de découvrir certains auteurs méconnus, d’autres parfois oubliés, telles sont les intentions que j’ai eues au moment de la mise en œuvre de cette quatrième exposition(Dominique Miraille)

Sa démarche hardie  me donne l'idée d'ouvrir une nouvelle catégorie de billets qui va être nourrie peu à peu, «Citations textiles» avec des citations littéraires ayant trait au textile, piochées dans mes lectures, mais aussi dans les vôtres qui seront les bienvenues. Un peu comme un jeu de piste littéraire et textile.

 

«Noir sur blanc - noir et blanc : une autre façon de voir un texte et de lire un objet»
Musée de la Mode à Albi
Jusqu'au 27 décembre 2015

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