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Tata-Georgette

Articles avec #lectures textiles tag

Brebis à lunettes et mailles périgourdines

4 Octobre 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

L'automne est de retour et nous revient la furieuse envie de bien nous caler dans un bon fauteuil et de tricoter, tricoter, tricoter... Deux livres parus au cours de l'année écoulée peuvent s'avérer utiles.

Il s'agit de  «La brebis des Causses du Lot, sa laine, son usage au fil du temps» publié par l'association «La Caussenarde» née en 1998 qui consacre son activité à cette race ovine, la caussenarde, brebis lotoise qui a la particularité de porter des lunettes, disons comme des Ray-ban noires. Comme beaucoup d'espèces locales anciennes, celle-ci a bien failli disparaitre dans la tourmente de la mondialisation et sa laine jetée au rebut... Beau livre bien illustré, nourri de témoignages d'éleveurs, mais aussi contes locaux dont cette brebis est l'héroïne.   Publié par les éditions Édicausse - 46090 Argambal- 15€

Puis un autre livre régional consacré à la laine «Dans les mailles du Périgord». Les autrices, car c'est un ouvrage collectif, ne se sont pas enfermées dans un studio aseptisé et froid pour photographier les modèles qu'elles proposent, mais nous emmènent faire du tourisme dans leur belle région, ce qui est bien agréable en ces temps de virus récalcitrant. Elles se sont inspirées des paysages, de l'architecture, des couleurs du Périgord pour proposer des châles, écharpes, mitaines, ces accessoires douillets assez faciles à réaliser, mais chaque fois avec un aspect technique qui permet de progresser. Chaque modèle est bien sûr accompagné d'un pas-à-pas et d'un patron.  - Édité par Les livres de l'îlot - 24190 Neuvic - 19€

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Brebis à lunettes et mailles périgourdines
Brebis à lunettes et mailles périgourdines
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Retour aux textes (de la mode)

24 Septembre 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

C'est fou le nombre de gens sérieux qui s'intéressent désormais à la mode. Cette fois, ce sont des chercheurs de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) qui publient une monumentale anthologie de textes traitant de la mode.

Cette anthologie n'est pas à proprement parler une histoire supplémentaire de la mode. Le propos est plutôt une mise en perspective avec les autres domaines des sciences sociales et humaines. Damien Delille et Philippe Sénéchal qui ont dirigé cet ouvrage ont réuni les contributions d’une trentaine d’historiennes et historiens de la mode, de l’art et de l’économie, de théoriciens et de sociologues universitaires, de conservateurs de musée et de spécialistes des textiles, afin de fournir une vision historique et critique complète des manières d’écrire la mode et le vêtement.

«La première partie s’intéresse à la manière dont le visuel et le textuel circulent dans les différents supports de la mode. La deuxième partie s’appuie sur cette ambivalence entre art et consommation, afin d’envisager le rôle des lois somptuaires et les manières politiques d’imposer le costume civil dans les cours d’Europe, durant la période moderne. La troisième partie s’interroge sur les fondements de la discipline, en rappelant le rôle des arts dans l’histoire du costume. La quatrième partie consolide l’idée selon laquelle le vêtement est vecteur d’identités. La cinquième partie engage une exploration à la fois temporelle et géographique du vêtement, tandis que la dernière partie revisite l’histoire de la mode en Europe, à partir des métiers et des protagonistes qui l’ont construite.»

L'INHA développe depuis quelques années un travail de recherche en histoire de la mode, secteur qui fut longtemps négligé dans l'historiographie française. Et pour nous autres pauvres provinciales, l'INHA publie aussi un certain nombre de vidéos de ses séminaires et conférences.

Modes et vêtements Retour aux textes - sous la direction de Damien Delille et Philippe Sénéchal -  INHA, 2020 - 512p. Dans toutes les bonnes librairies, et bientôt ici.

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Avec DEUX baguettes magiques...

27 Février 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

Le tricot, ce n'est pas sorcier ! il suffit de deux baguettes magiques.

Dans le livre de Tanis Gray, on trouve comment réaliser les modèles portés par Harry Potter et ses comparses : les écharpes des différentes maisons, les cardigans, les pulls, les chaussettes, les bonnets. C'est une façon très sympathique de s'initier au tricot en réalisant les  modèles de base de la garde-robe des apprentis magiciens, ainsi que des modèles inspirés par cette fabuleuse école imaginée par J. K. Rowling.

Sur le plan technique, rien d'abscons ni d'inextricable là-dedans car les explications sont tout à fait  intelligibles et les schémas très clairs. Beaucoup plus simple que toutes les autres disciplines enseignées à Poudlard !

La Magie du tricot : livre officiel de tricot Harry Potter
par GRAY Tanis - Hachette Heroes, 2020 - 206p. - 25€
Disponible dans toutes les bonnes librairies.

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Kamui-den

25 Janvier 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

Le manga «Kamui-Den» de Sanpei Shirato relate les destins entrecroisés de trois personnages de l'époque Edo (1603-1868) au Japon, avec son système opprimant de castes très cloisonnées, régies par de nombreux interdits.

Il y a Kamui, le héros éponyme, un «non-humain», sorte de paria ou d'intouchable au plus bas de la société, caste assignée aux tâches les plus réprouvées, les plus honteuses, qui choisit de devenir un ninja, c'est-à-dire un mercenaire masqué, tout vêtu de noir, passé maitre dans les techniques de dissimulation, d'escrime et de toutes sortes de combats. À noter que la caste des parias, qui a été abolie à la fin du 19e siècle, apparait très peu dans la production artistique japonaise. Il y a Ryûnoshin, qui bien que né dans une caste privilégiée, se retrouve «déchu» et devient rônin, un de ces nombreux guerriers errants qui ont nourri une vaste littérature populaire japonaise par leurs faits et gestes.  Jusque-là, c'est du manga pur et dur avec de nombreux combats, des duels au sabre, des arts martiaux très virevoltants, bref, rien de très textile, me direz-vous...

Et il y a Shosûké, un domestique ou serf (la classe sociale juste au-dessus des parias) qui a l'ambition de devenir paysan indépendant. Pour y arriver dans une société rigide où il est quasiment impossible de sortir de sa caste par le haut, comme il n'a ni terre, ni outils, ni famille paysanne qui pourrait le soutenir, il n'a qu'une solution : se servir de ses talents personnels, de ses connaissances, de son goût pour l'innovation : il introduit la culture du coton et celle du vers à soie dans son village, en bousculant au passage les clivages de castes, en créant de nouvelles solidarités.

Partout dans le monde, du 16e au 19e siècle, la culture du coton se développe ; le cas esclavagiste  américain est bien connu en Europe qui était sa principale destination d'exportation, alors que le coton japonais était surtout destiné aux Japonais, puisque le Japon s'était fermé au commerce international. C'est de plus une production «industrialisante» puisque tout un secteur d'activité y a pris sa source et a généré à son tour de la richesse.

Au Japon, comme partout dans le monde, le coton, en dépit de l'intensité du travail agricole qu'il réclame, était d'un prix modique et il a bousculé les lois somptuaires qui régissaient l'habillement de chacun. La relative facilité de sa mise en œuvre industrielle ou artisanale (filature, tissage, teinture), la facilité de son entretien ont également été de grands atouts de son succès pour habiller l'humanité. Des lois somptuaires, il est également question dans ce manga, à propos de vêtements que les différents protagonistes ont le droit de porter ou non, selon leur rang social.

Ce manga, œuvre de Sanpei Shirato, précurseur du roman graphique, est finalement très textile ;  c'est aussi un manga historique, dont l'action se situe globalement autour des années  du grand incendie d'Edo, en 1657. Ce dessinateur, né en 1932 a subi dans sa jeunesse l'oppression croissante du nationalisme militariste japonais, jusqu'à la chute finale, en 1945. Il devient mangaka en 1957 et se fait assez rapidement apprécier dans les milieux d'amateurs japonais qui louaient les mangas dans les kashibon, petites librairies de prêt de littérature populaire. Grâce à son style de réalisme narratif et graphique, dans lequel les scènes de violences ne sont jamais gratuites, et à ses choix politiques inspirés par la lutte des classes marxiste, il dépeint une chronique sociale historique très intense et il  est tout de suite salué, dès sa publication japonaise en 1964, comme l'auteur d'un chef-d'œuvre. Le public des mangas ne manque pas d'établir un parallèle entre la période contemporaine et la période historique Edo.

En effet, au cours des années 1960, le Japon vaincu et désarmé reprend une place honorable sur la scène internationale, il a retrouvé une pleine souveraineté après la période d'occupation américaine,  la prospérité économique revient dans une société civile qui veut ardemment la paix et le bien-être ; c'est aussi une période de révoltes estudiantines des jeunes nés après la guerre, de contestation sociale contre les immobilismes japonais.  Sans oublier le fulgurant apport des innovations techniques qui transforment profondément la vie quotidienne des Japonais.  Autre trait comparable avec le Japon de la période Edo, le Japon contemporain n'a pas non plus de ressources d'exportation, sa seule ressource est le travail humain et son agriculture ingrate ne repose que sur le labeur acharné des paysans.

C'est donc dans un tel contexte historique que Shosûké arrive à convaincre son entourage de la valeur du coton et de la soie et nous entraine dans ses aventures palpitantes. Autour de ces trois personnages placés dans la période Edo, Sanpei Shirato fournit de très nombreux détails ethnologiques et historiques (par exemple les répressions anti-chrétiennes, ou encore les efforts des marchands pour sortir du système féodal) avec un souci permanent de reconstitution historique, portée par un trait noir et énergique, sans jamais sacrifier les lois du genre manga.

Actuellement au Japon, l'histoire de la culture du coton continue :  il est appelé à la rescousse sur les terres polluées de Fukushima.

Kamui-den - par Sanpei Shirato - édition française par Sensei en 1982
en 4 volumes d'environ 1500 pages chacun...
se lit de droite à gauche, comme tous les mangas.

Et voici un autre article sur le coton au Japon : «Le goût du coton : culture matérielle, politique et consommation dans le Japon des Tokugawa...» de Beverly Lemire et Guillaume Ratel, publié en 2013.

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Kamui-den
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Kamui-den
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En attendant le quatrième numéro...

17 Octobre 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

En attendant le quatrième numéro de la revue Modes pratiques, on peut désormais lire le premier numéro, dont l'édition papier est épuisée, en ligne ici. Cet ambitieux numéro de 416 pages explorait les facettes des normes et transgressions en matière vestimentaire. Ci-dessous, le sommaire dans lequel piocher de belles lectures très intéressantes.

« Au risque de se perdre ». Normes chromatiques et nuances de blanc dans le vêtement monastique féminin par Nicole Pellegrin

Delphine Baron, la fée du travestissement en procès. Bals costumés et normes sociales sous le Second Empire par Corinne Legoy
Punir et vêtir. L’habit du mineur de justice par Jean-Jacques Yvorel
Jour de fête pour les midinettes. L’envers de la Sainte-Catherine : les normes derrière la dérision festive par Anne Monjaret
Ajustements. Corps, vêtements à tailles fixes et standards industriels au XIXe siècle par Manuel Charpy
Les préceptes de la différence. Manuels d’élégance masculine autour de 1830 par Émilie Hammen
La blouse ouvrière au XIXe siècle. Les normes de la dignité par Alain Faure
Controverses à Los Angeles. Le port du maillot de bain en ville au début du XXe siècle par Elsa Devienne
De l’étoffe dont on fait les forces de l’ordre. Les uniformes des gendarmes et des policiers français à la fin du XIXe siècle par Laurent López
Toute ma vie j’ai rêvé… Les uniformes du personnel navigant, entre normes et pratiques, racontés par ceux qui les portent entretiens recueillis par Loïc Perramond 
Un Empire que des firmans habillent. Normes et réformes vestimentaires en Turquie entretien avec Nora Seni
Leur bal. Notes sur des photos de Magic-City, bal des tantes de l’entre-deux guerres par Farid Chenoune
Voguing ou les normes excédéesenquête et photographies par Manuel Charpy et Pablo Grand-Mourcel
Inspection des vestiaires. Le vêtement professionnel et l’inspection du travail, entre normes et pratiques par Jérémie Brucker
La morale de la laine. Gustav Jaeger et le mouvement réformateur du vêtement en Allemagne (1832-1917) par Gabriele Mentges
Ordonnance du Roy Henry II (1549). Document d’archive par Marjorie Meiss-Even
Ministère de l’industrie légère et stilyagui. La mode soviétique des années 1950-60, entre normes socialistes et goût occidental entretien avec Larissa Zakharova
Revue pressée. Publicités et conseils mode sélectionnés par Patrice Verdière
Pluriformes, collages par Pierre Loubat
Les ados et la mode. Rencontre avec Mélinda Triana, réalisatrice entretien par Clémence Mergy
Norme et transgression, un abécédaire. Quand la mode outrepasse les codes et les genres : un glossaire partial mais chic par Céline Mallet et Mathieu Buard
Fashion Victims. The Pleasures and Perils of Dress in the 19th Century. Exposition au Bata Shoe Museum, Toronto présentée par Alison Matthews David et Elizabeth Semmelhack

P.s. Autre billet consacré à cette formidable revue annuelle.

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Mailles humaines

17 Juillet 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Ce que fait la main, #Lectures textiles, #Billet du jour

Voilà bien un livre passionnant qui intéressera toutes les serial-tricoteuses : «L'homme et les mailles» par Marguerite Gagneux-Granade, publié récemment par les Éditions {IN}sensées. C'est un ouvrage très complet sur l'histoire des mailles et de leurs différents usages : des mailles à nœuds pour réaliser des filets, des mailles sans nœuds avec un fil limité pour réaliser des réseaux, des mailles sans nœuds avec un fil non limité, autrement dit le tricot (essayez donc de placer dans la conversation que vous faites des mailles sans nœuds avec un fil non limité ! on vous trouvera tout de suite beaucoup moins bête que si vous parlez simplement de tricot...) - et enfin toutes les autres mailles, dont le crochet. Il intéressera aussi les pratiquants de nailbinding, de sprang, de reconstitution historique, de costume ancien.

L'auteure explore de nombreuses sources historiques, iconographiques et archéologiques et note d'ailleurs que pour le tricot les données archéologiques sont décevantes. En effet, beaucoup d'aiguilles à tricoter ont été faites de bois, d'os, d'ivoire, donc des matériaux périssables. Et ce n'est pas un objet qu'on mettait très souvent dans la tombe des défuntes pour les accompagner dans l'au-delà - y compris pour les tricoteuses émérites. Et puis même les aiguilles métalliques ont peu traversé les siècles. Entre celles qui ont été perdues, refondues avec du métal recyclé, transformées en autre chose pour un tout autre usage. Quand vous pensez qu'une vieille aiguille à tricoter me sert depuis quarante ans à vérifier la cuisson des gâteaux....  Sans compter que quelques aiguilles à tricoter ayant atterri dans les collections des musées ont sans doute été rejetées comme n'ayant aucun intérêt par de doctes conservateurs des siècles passés... bref dans l'Europe entière, à peine trouve-t-on quelques dizaines d'aiguilles à tricoter anciennes dans les musées.

Pour revenir à ce livre, outre la somme d'érudition qu'il recèle, il a des qualités que j'apprécie beaucoup dans un ouvrage technique et historique : une bibliographie très fournie, un glossaire. Seuls couacs : une mise en page triste comme la pluie avec un texte très compact, des petites illustrations mal photographiées. Et une diffusion très confidentielle. C'est une sorte de sabotage et c'est franchement dommage pour nous et pour le remarquable travail de l'auteure.

Est-ce le sort des ouvrages consacrés à l'histoire du tricot que d'avoir cette apparence si fade ? En 2010, l'AFET publiait «La maille une histoire à écrire», ouvrage qui rassemblait les actes de journées d'études de cette association de passionnés. Mêmes qualités quant au fond, donc un travail très solide, mais presque les mêmes défauts quant à la forme et une diffusion encore plus confidentielle... c'est d'autant plus regrettable que fort peu de chercheurs des sciences humaines (ethnologie, anthropologie, histoire des techniques, etc.) se sont intéressés à la maille, particulièrement en France, alors que nous passons désormais notre vie dans la maille (à commencer par nos sous-vêtements !) et que tricoter a toujours été une pratique courante - ben oui, mais «ouvrage de dame» c'est sérieux ça ? sans compter que la maille est devenue une industrie à part entière. C'est dire si ce domaine de recherche peut encore alimenter beaucoup de publications intelligentes et intéressantes. Bref, en dépit de leur aspect terne, je vous conseille chaudement de lire ces deux ouvrages.

Voici leurs références complètes :

  • Gagneux-Gradade Marguerite - L'Homme et les mailles, histoire critique des mailles textiles : filets, réseaux, tricot, crochet - Éditions {IN}sensées, sd - 250p. - ISBN 978-2-9558095-0-1 - 25€
  • La Maille une histoire à écrire - journées d'étude, Troyes, 20-21 novembre 2009 - AFET Association française d'Étude du Textile, 2010 - 294p. - ISBN D/2010/1652/2 -

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Livre des abeilles

14 Juin 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Art textile, #Lectures textiles, #Billet du jour

C'est aujourd'hui le grand jour : notre amie Katell Renon publie son Beebook, son livre de patchwork qui rassemble les tendances actuelles du patchwork. Pour cela elle a procédé à une impitoyable sélection parmi les innombrables billets publiés sur le blog ..... en leur donnant de la cohérence, en les enrichissant. Avec toujours une rédaction soignée, un brin d'humour, et une immense culture textile.

Adhérente depuis 25 ans à l'association France Patchwork, dont les 9 000 membres portent haut les couleurs du patchwork, Katell inaugure ainsi les Éditions France Patchwork, premier sans doute d'une longue série car le monde du patchwork est très riche, multiforme.

BeeBook sera distribué dans les divers salons de loisirs textiles et les manifestations organisées par France Patchwork. On peut aussi se le procurer au prix de 29,50€ (+ frais d'envois postaux) auprès de France Patchwork - BeeBook - BP 10 - 27310 Saint-Ouen-de-Thouberville.

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Ikat, tissus de vie

7 Juin 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Explorations textiles, #Lectures textiles, #Billet du jour

Décidément, le thème «de l'Orient à l'Occident» (ou vice-versa) se prête à de nombreux événements textiles. Nous avons eu récemment à Toulouse « Bleu, de l'Occident à l'Extrême Orient» qui était le thème de la conférence de Dominique Cardon, au cours d'un mois de mai tout bleu, c'est maintenant au tour de Clermont-Ferrand de proposer une exposition d'ikats, technique tout à fait remarquable mêlant impression sur chaine et tissage, dans laquelle de nombreux peuples se sont illustrés, sur tous les continents.

Cette exposition est l'œuvre de l'association Parole & patrimoine ; elle termine un périple commencé en Bretagne, puis s'est prolongé à Niort. Dommage qu'elle ne soit pas venue jusqu'à Toulouse... il est vrai que nous avions déjà eu une très belle exposition en 2015.

Et si l'Asie, c'est loin, Clermont-Ferrand aussi, il reste un beau livre :  «Ikats, tissus de vie, un voyage de l'Orient à l'Occident».

Où : au Musée Bargouin - à Clermont-Ferrand
Quand : jusqu'au 22 septembre 2019.

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Ikat, tissus de vie
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Textiles du VAM

26 Mai 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Couleurs, #Lectures textiles, #Billet du jour

Le Victoria and Albert Museum de Londres possède une remarquable collection de tissus d'ameublement, tant des tapisseries médiévales, des broderies de la Renaissance, des tissus indiens ou venus d'autres contrées de l'Empire britannique que des tissus sortis des ateliers des designers de notre XXIe siècle puisque ses collections s'enrichissent continuellement. Il fait partie de ces musées nés sous l'impulsion des grandes expositions universelles du XIXe siècle, vitrines mondiales du savoir-faire industriel et manufacturier.

Dans le livre «Couleurs et motifs dans l'art textile», c'est une infime partie des collections du VAM que l'on retrouve, mais très bien présentée car chaque textile est reproduit sur plus d'une page, donc bien visible, complété par une grille des couleurs et une brève notice consacrée au créateur, au motif ou aux techniques de production du textile représenté.

Ce livre se veut un outil de travail pour les créateurs, les amateurs, notamment avec ses palettes de couleurs qui présentent de multiples associations et qui sont étalonnées selon la codification internationale des coloris CMYK (Cyan Magenta Yellow Black). Par ailleurs chaque textile représenté dans cet ouvrage est accompagné de son numéro d'inventaire qui permet de le retrouver dans les collections du musée, sur place ou en ligne. Voilà donc un livre qui conjugue les qualités d'un beau livre d'art avec celles d'un remarquable outil de travail.

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Ceci n'est pas un pull...

13 Mai 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Art textile, #Lectures textiles, #Billet du jour

Tricot, crochet, c'est pour occuper les femmes... c'est bien connu, pour qu'elles restent bien tranquilles à la maison... sauf qu'un certain nombre d'artistes contemporains se sont emparés d'aiguilles à tricoter, de crochets, de fibres diverses et se sont mis à créer des sculptures, des installations, parfois de très grandes dimensions. Les trente neuf artistes présentés dans le livre de Charlotte Vannier, sélectionnés un peu partout dans le monde, pratiquent tricot et/ou crochet soit seuls, soit intégrés à leurs autres techniques artistiques, mais toujours dans une dimension très poétique, dynamique.

Voici un très beau livre, à offrir, ou à s'offrir, et en tout cas à examiner minutieusement car il réserve de belles surprises, des petits poissons de Kate Jenkins qui crochète la vie quotidienne aux vagues gigantesques qu' Orly Genger tricote avec des cordes à homards et qu'elle installe ensuite dans des parcs publics ; il y a même une artiste de notre région, Françoise Tellier-Loumagne... on y trouve tout le foisonnement des matières, des techniques, et des tendances ou styles artistiques de notre époque.

Vannier Charlotte - Ceci n'est pas un pull le tricot et le crochet dans l'art contemporain - Pyramyd, 2017 - 256 p. 35€ dans toutes les bonnes librairies.

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Souscription...

12 Mai 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

Attention, on arrive aux derniers jours pour participer à la souscription ouverte pour le livre de Katell Renon. Après le 15 mai, on pourra certes encore se le procurer, mais  au prix de vente public, donc un peu plus cher,  auprès de France Patchwork.

Ce livre est très attendu par toutes les patcheuses, et les autres amatrices de travaux textiles car il est écrit par une grande spécialiste du patchwork, Il suffit pour s'en convaincre de suivre  blog Quilteuseforever de Katell qui, outre le fait qu'il propose des articles très intéressants est toujours impeccablement rédigés - ce qui n'est pas rien dans une blogosphère parfois «pittoresque». Ce livre n'est pas une compilation des billets du blog, c'est une création originale... comme vous l'explique si bien Katell dans les coulisses de BeeBook.

Pour souscrire au tarif préférentiel : c'est ici.

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Broderie contemporaine

18 Avril 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Art textile, #Lectures textiles, #Billet du jour

De plus en plus d'artistes contemporains s'emparent d'aiguilles et de fils et brodent. Dont les 82 que présente Charlotte Vannier dans «De fil en aiguilles, la broderie dans l'art contemporain» qui explorent différentes formes de broderie par les formes et les couleurs qu'ils donnent à leurs œuvres. Ce qui nous fournit de belles sources d'inspiration...

384 pages - édité par Pyramyd - 39€ dans toutes les bonnes librairies.

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Monsieur

14 Mars 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Atelier, #Billet du jour

De temps à autre, un éditeur se dit que les hommes portent aussi des vêtements... voici 16 coupes basiques à décliner chic ou décontracté, pour le vestiaire masculin. Avec patrons (du XS au XXL) et un pas-à-pas bien expliqué. Si, comme toujours, il est préférable d'avoir des notions de base, les modèles sont accessibles pour des pas-tout-à-fait-débutants. Idéal aussi pour les chums qui veulent se mettre à la couture !

Monsieur, couture pour homme - par Maud Vadon -  Éd. La Plage, 2019 - 160p.  - 24,95€ - dans toutes les bonnes librairies.

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Cousu d'art

18 Janvier 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Art textile, #Billet du jour, #Lectures textiles

Ça fait chaud au cœur des trois millions de personnes qui brodent en France (sans parler des nombreuses autres personnes qui pratiquent les autres techniques textiles, comme la couture, le crochet, le tissage) de voir qu'une revue d'art contemporain consacre un gros numéro spécial aux arts textiles... et essaie de faire un tour assez complet des pratiques, des artistes (237 artistes sont présentés), des collections, des collectifs et groupes, des festivals et expositions. «Cousu d'art !», c'est le dernier numéro spécial de la revue Artension.

9,90€ dans toutes les bonnes maisons de presse, sinon ici...

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Hiver ? pas hiver ???

2 Janvier 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Billet du jour, #Lectures textiles

2019 commencera-t-elle par un vrai hiver ou pas ? Parce que nous sommes plusieurs à apprécier le petit froid piquant, quand le simple fait de respirer le nez au vent dégage un nuage de vapeur. Sans compter que l'hiver est le moment de porter nos pulls soigneusement tricotés le soir devant nos séries préférées (la cheminée pour les bienheureuses qui en sont pourvues). Si toutes les saisons ont suscité des travaux érudits - on se souvient des travaux de Le Roy Ladurie dans les années 70 - l'hiver  a également inspiré des travaux d'historiens comme François Walter qui a écrit un pavé à déguster au chaud, à l'heure du thé. Qui a dit que la mauvaise saison était si mauvaise que ça ?

Walter François - Hiver histoire d'une saison - Payot, 2014 - 453p.

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Bas tolstoiens

19 Octobre 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Atelier, #Lectures textiles, #Billet du jour

« - C'est Anna Makharovna qui a terminé son tricot, dit la comtesse Marie.
- Oh ! j'irai voir ! fit Pierre en bondissant !
[...] Pierre entra chez les enfants, les rires et les cris augmentaient encore plus.

- Eh bien ! Anna Makharovna, disait la voix de Pierre. Venez ici, au milieu de la chambre et quand je dirai trois... Toi, ici, toi, je te prendrai dans mes bras... Eh bien, un... deux... reprit Pierre. Le silence s'établit. Trois !... les voix enthousiastes des enfants emplirent la chambre.

- Deux, il y en a deux ! criaient-ils.

C'était deux bas qu'Anna Makharovna, par un procédé connu d'elle seule, tricotait en même temps et que toujours, solennellement, elle retirait l'un de l'autre, devant les enfants, quand les bas étaient terminés

Non Anna Makharovna n'est pas une participante des ateliers de Tata Georgette ! et Tata Georgette ne sait pas non plus comment elle procède pour tricoter, si on comprend bien, un bas dans l'autre... c'est à Tolstoï que nous devons cette scène familiale, extraite de «Guerre et paix», dans une ancienne édition Marabout, pas datée, (mais au vue de l'état du papier, elle date des vertes années de Tata Georgette). En tout cas, si quelqu'un connait le procédé employé par Anna Makharovna pour tricoter deux bas  l'un dans l'autre, je suis preneuse.

Et si on souhaite tricoter des bas et des chaussettes - à vrai dire, on ne tricote plus beaucoup de bas - le récent livre «Magnifiques chaussettes» de Merja Ojanperzä publié par les Éditions de Saxe sera très utile. On y trouve des chaussettes douillettes, avec des points ajourés, des motifs jacquard. Et un pas-à-pas très bien expliqué pour garder les pieds au chaud.

 

les prochains ateliers de Tata Georgette
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Bas tolstoiens
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On ne s'en lasse jamais

31 Août 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Loin d'ici..., #Couleurs, #Lectures textiles

De quoi ne se lasse-t-on jamais ? de l'indigo pardi ! le bleu étant la couleur préférée des Européens et de quelques autres populations puisqu'on trouve ce pigment colorant dans de nombreuses contrées du monde parcourues par Catherine Legrand. De ses pérégrinations, elle a rapporté de très belles images dans un beau livre, une référence unique sur ce sujet «Indigo, périple bleu d'une créatrice textile» édité par La Martinière.

 

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Loin d'ici, au Japon

28 Août 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Loin d'ici..., #Lectures textiles, #Billet du jour

Art textile unique, la teinture shibori est pratiquée au Japon et dans un certain nombre de pays asiatiques. Cette technique qui nécessite de faire un travail de réserves et ligatures sur le textile fait appel à un savoir-faire minutieux et précis que Jane Callender détaille dans «Nui shibori : technique, innovation, motifs, design» publié récemment par les Éditions de Saxe.

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Loin d'ici, en Sicile

21 Août 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Loin d'ici..., #Lectures textiles, #Billet du jour

Tirer les fils d'une toile fine à trame régulière, puis broder des motifs à point compté sous les oliviers en Sicile... Voyage assuré au bout de l'aiguille avec «Le filet sicilien» édité pas les Éditions de Saxe.

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Loin d'ici, aux îles Shetland

17 Août 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Loin d'ici..., #Lectures textiles, #Billet du jour

Aller sur une île c'est toujours voyager. Cela se vérifie même sur l'île du Ramier... Pour les Shetland, le dépaysement est vraiment assuré. On y tricote une très belle dentelle avec de la laine très fine comme le montre ce beau livre des Éditions de Saxe « La magie de la dentelle Shetland au tricot ».

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Loin d'ici, au Portugal

31 Juillet 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Loin d'ici..., #Lectures textiles, #Billet du jour

Encore un beau voyage avec une aiguille à broder, avec le livre d'Yvette Stanton «La broderie blanche portugaise» édité par les Éditions de Saxe que l'on peut feuilleter ici  et dont le pas-à-pas bien détaillé permet de réaliser les jours et les motifs en relief. Compliqué ? cela demande une certaine concentration mais, quoique un tantinet vintage, cela donne des ouvrages très raffinés. Pour celles qui préfèrent la couleur, on brode aussi en couleurs au Portugal qui est riche d'une grande tradition populaire de la broderie.

P.s. Pourquoi avoir mis l'édition anglaise du livre ? parce que je trouve qu'on y voit mieux la richesse des points...
 

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Loin d'ici, à Panama

24 Juillet 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Loin d'ici..., #Lectures textiles, #Billet du jour

Lorsqu'un ethnologue découvre, en 1975 à Panama, « des tissus » réalisés puis portés par des femmes anonymes, qui n'ont aucune formation artistique, il découvre une sorte de mine d'or qu'il a exposée à plusieurs reprises (Musée de l'Homme à Paris, Clermont-Ferrand en 2000, pour montrer plus de 400 pièces uniques et poétiques. Bizarrement, avant lui, la société kuna avait été auparavant très étudiée, observée par des ethnologues de tous poils, mais pas cette production des femmes. Bizarre, non ?

«C'est étonnant. Quels que soient l'âge, le moment de leur vie ou de la journée, elles sont là, elles cousent. [...] Presque toutes les femmes en façonnent, poursuit Michel Perrin, on voit des molas sur leurs genoux, en cours de fabrication, froissées et criardes. Elles en coupent, elles en dessinent devant leur habitation, dans la rue ou à l'intérieur, la nuit. Ou alors les molas sèchent sur des fils au-dessus des maisons, à l'envers pour les protéger du soleil. Dans les grandes huttes familiales, des multitudes de corsages pendent près du plafond.» Bien plus qu'une passion, on dirait comme un mode de vie, une façon de coudre les moments. «Les femmes conservent leurs molas les plus précieuses dans des coffres dont elles portent la clé autour du cou. Des jalons de leur vie. Souvent, elles en accumulent de très anciennes dans des cases ou des seaux, c'est leur musée, hérité de leur mère ou de leur grand-mère.»

Le livre de Michel Perrin dit tout sur les molas...

Perrin Michel - Tableaux kuna, les molas, un art d'Amérique - Arthaud, 1999

 

 

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Mode & Costumes

27 Juin 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Lectures textiles, #Billet du jour

Cela manquait vraiment : une revue consacrée à l'histoire de la mode, au costume de scène et de cinéma. Ne cherchez plus, c'est fait avec Mode & Costumes, revue trimestrielle bilingue destinée à tous les passionnés, les amateurs de couture et autres cosplayeurs, vendue en kiosque et sur abonnement et dont le numéro 3 vient de paraitre. (En clair, je ne vous ai pas annoncé dans les temps les deux premiers numéros... erreur fatale !)

«Il était essentiel de mettre en exergue les rouages de chacune des étapes qui ponctuent la vie d’un costume : création, conception, étapes de fabrication, interprétation, monstration, conservation, restauration, recherche, analyse historique… et ainsi, rendre compte des actions qui s’établissent dans le droit-fil des spécificités relatives à chaque métier, comme à titre d’exemple l’importance d’un essayage organisé par le costumier pour le comédien et le réalisateur, la volonté de cohérence entre l’esthétique d’un décor et celui des costumes, ou la mise en parallèle entre une peinture et la recontextualisation dans une époque.» cf. Caroline Plaud, rédactrice en chef de cette belle revue.

Et bonheur suprême, ce numéro 3 est consacré à Game of Thrones et à sa costumière Michele Clapton, ainsi qu'à la fabuleuse brodeuse  Michele Carragher... dont les costumes sont exposés en ce moment et jusqu'au 2 septembre 2018 à la Porte de Versailles, à Paris. Sommer is coming !

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Silhouettes

5 Avril 2018 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Explorations textiles, #Lectures textiles, #Billet du jour

Il était une fois un contrôleur des finances qui proposa une réforme complètement extravagante visant à supprimer les exemptions fiscales des certains hauts revenus, à partager les intérêts perçus par les fermiers généraux et même réduire le budget de son souverain. Cela fit grand tapage et le bonhomme dut se retirer de la vie publique*, en banlieue parisienne (dans son château quand même) où il passa désormais ses loisirs à découper des figurines avec la technique de l'ombre chinoise, d'après le buste de ses amis. Bref, à défaut d'avoir retapé les finances du royaume, il a laissé à la postérité cette technique bon marché pour faire des portraits. Et honneur suprême, son nom est devenu un nom commun de la langue française car s'il n'a pas inventé lui-même cette technique, il l'a grandement popularisée.

Puis, le mot silhouette en est venu à désigner la ligne générale du corps et des vêtements qui l'habillent. On parle d'une silhouette élégante... d'une silhouette sportive... Chaque époque de la mode se reconnait à une silhouette particulière, que même les ignares en matière de mode reconnaissent ; ainsi, mes vieux Burda des années 80, avec leurs patrons aux larges épaules... bref, c'est une belle revue des principales silhouettes de la mode de derniers siècles que vous a concoctée le Musée de la mode d'Albi. Jusqu'à la fin de l'année 2018. 

*Cela se passait en 1759. Ce n'est pas de nos jours qu'on verrait de telles abominations. (parmi lesquelles vous choisissez selon votre goût celle qui vous semble la plus abominable, les mesures proposées par M. de Silhouette ou son exil forcé)...

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Post-scriptum : à propos de l'évolution de la silhouette au cours des trois derniers siècles, on peut lire le livre de Georges Vigarello «La Silhouette - naissance d'un défi du XVIIIe siècle à nos jours», publié par le Seuil, dans la collection Points-Histoire, en 2012. 

Silhouettes
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